Négocier son départ, ou partir en fracas…

Aujourd’hui je veux vous parler des conditions de départ de l’entreprise, je parle bien sûr départ individuel et pas plan social, c’est important de le préciser par les temps qui courent. Je suis souvent confronté à ce sujet dans mes coachings, et je dois dire que bien souvent ces conditions déterminent l’état d’esprit de mes clients et leur capacité à envisager sereinement leur avenir.

Lorsque se profile un départ non volontaire, la partie ego joue un rôle très important. Le fait d’apprendre qu’on n’est plus désiré par son entreprise blesse profondément l’ego. Il y a en général deux réactions-type – qui peuvent être parfois successives – et elles dépendent généralement de la personnalité du salarié :

  • L’effondrement suite à la prise de conscience du départ perçu comme forcé : l’humiliation est telle que le sentiment d’inutilité et d’incompétence est énorme, le sentiment est celui de la fatalité, l’énergie est plutôt dirigée vers l’intérieur, et elle entraine un repli sur soi voire une dépression.
  • L’autre réaction au contraire appelle un sentiment de résistance, qui entraine alors une confrontation : je ne suis pas responsable, je suis persécuté et je vais leur en faire baver ! Au contraire du premier cas, l’énergie déployée est dirigée vers l’extérieur et elle est énorme. Initié par le salarié, un combat «  à mort » s’ensuit souvent avec l’entreprise, qui peut aller vers des comportements de harcèlement à double-sens.

Mon sentiment c’est que tant que la personne se trouve dans cette situation de résistance, il lui est très difficile de se projeter dans autre chose que ce rapport de force, et de poser les conditions propices à une recherche d’emploi efficace. Dans l’intérêt de la personne, les sentiments et émotions doivent être mis de côté, ils ne trouvent pas leur place dans un univers cynique comme celui de l’entreprise et de la recherche d’emploi. Tenter de résister aux forces en présence est épuisant et contre-productif pour une personne qui doit se projeter dans l’avenir. Mon job consiste à rappeler en permanence à mes clients le principe de réalité et les enjeux qui dépassent le passé et le maintenant, et à les inciter à concentrer leur énergie dans leur avenir. Ce que je veux dire ici, c’est qu’il est toujours préférable de négocier un départ plutôt que s’y opposer, au risque de s’épuiser. Dans le « pire » des cas, la bataille est gagnable mais certainement jamais la guerre, et les conditions du maintien en poste auront forcément des conséquences néfastes. Un contrat d’emploi avec une entreprise est comme un contrat de mariage : si l’un des deux n’y trouve plus son compte, l’autre peut résister mais le combat ne fait que repousser l’échéance inéluctable.

Il ne s’agit pas pour autant de tout accepter sans mot dire, mais c’est l’état d’esprit qu’il faut préparer. La négociation sera favorable si le salarié part vraiment dans l’état d’esprit de négocier et non pas de se venger, avec dans la tête « je vais leur faire aligner les zéros ». Je me souviens de cette cliente qui a « tenté » de négocier en imposant à son employeur des conditions financières inacceptables : celui-ci refusa et deux ans après elle est toujours aux prudhommes…elle a beaucoup de chances de gagner certes, mais à quel prix ? Elle aura perdu deux ans en déprimes et en ressentiment, et raté tant d’opportunités professionnelles.

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