Histoires de stress !

Si vous regardez attentivement, si vous écoutez autour de vous, en particulier dans ces temps mouvementés, au milieu de cette crise dont on nous rabat les oreilles, vous remarquerez très certainement que le mot stress revient souvent. « Je suis stressé », « elle est stressée », « le stress dans l’entreprise », « le stress à l’école », « le stress sur les réseaux sociaux » etc. Nous l’utilisons fréquemment, certainement à tort et à travers.

Nous sommes venus à en faire un signe de reconnaissance social, chacun y va de son stress perso…à la maison, au boulot, à la piscine, au supermarché… et ce stress auquel tant parmi nous s’identifient, paradoxalement nous cherchons à l’éradiquer coûte que coûte :par du yoga, du qi gong, de la méditation, du développement personnel, du sport, ou à coups de coaching ou de thérapies, longues ou brèves. Car ce qu’on n’aime pas, ce qui est désagréable, notre époque nous propose de le soigner, vite et bien, en rendant visite à nos nombreux médecins du corps ou de l’âme :

– Bonjour Docteur, qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?
– Cher patient, c’est simple vous avez une blessure d’enfance, un œdipe non résolu quoi !

Ou alors au boulot :
– Vous avez affaire à une personnalité perverse narcissique ! (ils sont vraiment partout)

Ou bien encore :
– Vous avez des parents toxiques !

Et si nous n’avions aucune blessure d’enfance ? Et si nous n’avions pas de proches toxiques ? Et si nous nous débarrassions de ces rôles que nous aimons tellement jouer : celui du mari trompé, de l’amoureux brutalement éconduit, du collaborateur violenté, du client empoisonné, du citoyen maltraité. Surtout, si nous arrêtions de nous raconter des histoires. Ce stress, cette souffrance que nous aimons tant flatter, jour après jour. Nous ne sommes pas malades, nous ne sommes pas victimes. Nous ne sommes pas dans une prison : en fait nous sommes tellement libres, que nous sommes libres de nous faire croire que nous sommes dans une prison que les autres s’évertueraient à nous construire…Balivernes, réveillons-nous !

S’il y a une crise en ce moment, c’est bien celle de la responsabilité personnelle : elle fait peur et la plupart de nous la refusent. Et c’est un paradoxe, car foncièrement, profondément, nous sommes des personnes responsables, aptes à répondre à ce qui se présente à nous. Et si ça se présente à nous, c’est parce que c’est le meilleur moment.

Samuel Lepastier, dans un article de Libé en 2012, disait « s’affirmer stressé, c’est dénoncer un facteur extérieur à l’origine de son mal : travail, chômage, retraite, amis, maternité, stérilité, avortement, conjoint, enfants, parents, environnement, politiciens, climat, étrangers, et… rentrée », il est tellement plus facile de montrer du doigt des responsables que de se regarder soi-même dans un miroir, la réflexion de notre image pouvant nous indisposer très fortement…

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