Les pistes pour (re)booster son moral

sunflower-94187_1280En matière de psychologie, et donc de psychothérapie et de coaching, il y a de nombreuses écoles. Les théories sur les sources de la motivation et du mal-être se sont succédé depuis le début du XXe siècle : théorie freudienne de recherche du plaisir, la recherche de puissance d’Adler, recherche du Soi de Jung, et toutes les frustrations associées. Au-delà de la dimension psychique et biologique de la personne, Victor Frankl, dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises, a affirmé l’existence d’un inconscient spirituel, source de motivation suprême. Selon Frankl, l’inconscient spirituel est le lieu des valeurs et du sens, et c’est lui qui fait qu’on se sent bien ou moins bien.

Dans notre vie, il y a plusieurs gradations d’une perte de sens selon Frankl : la frustration, la détresse et le vide. Le premier niveau, nous le vivons très souvent, c’est presque notre vie quotidienne, et il est même plutôt stimulant. Le deuxième est plus problématique déjà, c’est une frustration plus durable qui entraîne le découragement, on le vit également tous mais heureusement moins fréquemment. Le dernier stade, le vide, est inquiétant, car il entraîne la perte du goût de la vie, et le désespoir.

Alors, comment aller mieux au jour le jour ? Comment dépasser la frustration, surmonter le découragement et survivre au désespoir ? La motivation augmente de pair avec le sens. Et le sens se nourrit de plusieurs éléments comme notre socialité, notre créativité et nos attitudes fondamentales face au monde.
Concrètement, je vous propose de travailler sur trois axes principaux :

  1. le premier concerne les relations aux monde extérieur, travailler sur notre contact aux autres. Il va des autres, et du monde extérieur vers nous. Que retirons-nous des autres, du monde extérieur, de sa beauté, de sa richesse ? Cela signifie s’ouvrir aux autres et au monde, et y puiser de l’énergie. Ce n’est pas toujours facile, car quand on fait face à une perte de sens, on a tendance à se refermer sur soi-même, c’est un vrai défi personnel. Un bon ami ou un psy peut aussi nous accompagner.
  2. Le deuxième concerne la créativité, qu’apportons-nous au monde ? Cela peut facilement se traduire en création artistique, mais la créativité se trouve bien au-delà du simple art. J’entends souvent les personnes dire « je ne suis pas créatif »…pourtant tout travail est création dans une certaine mesure. A travers des canons sociaux, nous lui accordons simplement une valeur plus ou moins élevée. Il s’agit de projets personnels ou professionnels, d’idées, de nouveauté, de pierres que l’on apporte à l’édifice, un édifice qui doit dépasser notre seule personne.
  3. Le troisième a plus valeur d’attitude face aux événements. Comment est-ce que je perçois tous les événements douloureux ? Comme une menace, ou au contraire comme une source de développement ? Comme une source d’affaiblissement ou comme une source d’énergie ? La personne la plus « forte »sera anéantie au premier bousculement si elle a une vision de la vie (et de l’homme) comme fondamentalement destructrice, alors qu’une vision de la vie comme construction en devenir change la donne. Le monde est alchimie de « ce qui est déjà » en « quelque chose à venir ». Si nous transposons cela à notre simple niveau, à la place de quelque chose de rabougri, nous arriverons à quelque chose de plus grand.

Tout cela relève d’une attention quotidienne, une vigilance presque. Travailler sur ces trois points, en profondeur et avec authenticité, c’est certainement plus de motivation chaque jour, je vous invite à essayer pour voir…

Inspirer du sens

face-640424_640« Au lieu de nous demander si la vie a un sens, il fallait s’imaginer que c’était à nous de donner un sens à la vie à chaque jour, et à chaque heure. » Victor Frankl

Aujourd’hui, j’ai envie de parler de sens. Vincent Lenhardt, le psychothérapeute qui a introduit le coaching en France, en a fait la pierre angulaire dans son livre sur l’accompagnement des responsables dans l’entreprise, mais nous pouvons l’étendre à toutes les organisations et, j’en suis convaincu, c’est un élément qui, appliqué à notre vie personnelle et professionnelle, est très puissant pour surmonter les épreuves difficiles.

Un livre passionnant que je recommande, « le défi positif « de Thierry Janssen, chirurgien et psychothérapeute, m’a récemment introduit à la psychologie positive, dont les fondements remontent à la dernière guerre. La psychologie positive est extraordinaire car, pour faire simple, elle propose d’étudier les ressorts du bonheur et du « fonctionnement optimal » de l’individu là ou la psychologie traditionnelle s’attache à chercher la pathologie et le dysfonctionnement, en gros ce qui ne va pas, mais j’en parlerai certainement une autre fois. Janssen explique dans son livre que Victor Frankl, psychiatre et déporté dans les camps pendant la guerre, s’est rendu compte que ce n’étaient pas les plus forts qui y survivaient le plus longtemps, c’étaient ceux qui donnaient du sens à l’épreuve qu’ils vivaient. Frankl se l’appliqua à lui-même dans les camps et écrivit son expérience, même après qu’il eut perdu ses notes il continua à écrire sur des morceaux de tissu. Il apprit à sa libération qu’il avait perdu parents, épouse, enfants, et se lança dans la rédaction d’un livre « Donner du sens à sa vie » et dans la conception d’une thérapie fondée sur son expérience.

Le sens a un double sens…la direction et la signification, pour quoi faire. Comment mon acte résonne-t-il dans ma conscience projetée dans l’avenir ? Nous venons de le voir avec le témoignage de Frankl, chercher du sens et y répondre est donc de l’ordre du vital pour l’être humain. Pourquoi ? Janssen répond assez simplement que parce que nous savons que nous allons mourir, nous connaissons la peur du lendemain, et dès lors, nous avons besoin de nous représenter le monde d’une manière structurée et prévisible. Sans cela, nous serions confrontés à un chaos absurde qui nous serait intolérable et finalement destructeur.

Le sens est force de vie

Nous savons donc maintenant que le sens est une grande motivation de survie et de vie. Celui-ci peut revêtir beaucoup de formes. Janssen raconte comment l’une de ses patientes atteinte d’un cancer incurable dont on avait enlevé vessie, utérus, vagin et anus, et qui était condamnée à porter en permanence des poches pour évacuer ses urines, déclarait qu’elle était globalement heureuse car elle voulait encore transmettre à ses enfants et continuer à partager avec ses amis. Elle attachait un sens fort à ses malheurs, et c’est celui-ci qui lui permettait de surmonter la douleur physique et psychologique, sans ce sens elle se serait effondrée et serait probablement tombée en dépression.

Appliquer du sens à nos actions

Ce besoin vital de sens peut s’appliquer à toutes les situations de la vie et peut devenir une philosophie de vie. Appliquée aux organisations, elle est une grande force de motivation collective, appliquée individuellement elle est un puissant remède contre la déprime ou la contre la maladie.

Alors concrètement, que tirer de tout cela? Je vais donner quelques exemples, à plusieurs niveaux.
Dans les entreprises, par exemple il s’agit tout d’abord à tous les niveaux de responsabilité de communiquer sur le pourquoi du travail ensemble, et même sur-communiquer comme on dit en coaching. Les entreprises, et toutes les organisations, doivent comprendre qu’il ne peut y avoir de sens par la coercition. On ne peut pas imaginer que les gens trouveront un sens dans leur travail s’ils ne sont pas invités à participer à la grande œuvre commune. Assurons-nous qu’aucune décision ne semble plus absurde, c’est à dire dénuée de sens. Pour ce faire, donnons une voix à chaque partie prenante à l’entreprise : créer par exemple un comité de pilotage constitué à part égales des représentants des actionnaires et des représentants des employés est une évidence, comme en Allemagne. Les entreprises allemandes comptent parmi les plus exportatrices et les plus agiles au monde, et les grèves y sont bien moindres qu’en France.

Au niveau de la vie publique, il nous faut des responsables qui proposent de co-créer, cela passe d’abord par une désacralisation des représentants de l’état et en premier lieu du chef de l’état. Les institutions doivent protéger, pas isoler. Cela passe aussi par une réaffimation explicite de ce vers quoi notre communité veut tendre, évitons la continuité insipide et invisible. Il faut également que tous soient représentés, et puissent prendre part à la vie publique, car sans participation, pas de sens commun. Sans ce sens commun, les hommes et femmes ne s’investissent pas, pire ils peuvent vouloir saboter le projet commun. Cela passe par exemple par le droit de vote aux étrangers qui sont en France depuis longtemps, qui y travaillent et y payent leurs impôts, et cela passe aussi par la mise en place de la proportionnelle afin que tous soient représentés à l’Assemblée.

A notre niveau personnel, le sens peut être spirituel ou existentiel par exemple. Trouvons du sens dans les expériences positives et, c’est un challenge, également dans celles que nous jugeons négatives. Churchill disait que le pessimiste voit dans chaque opportunité une difficulté, l’optimiste une opportunité dans chaque difficulté, laissons donc parler l’optimiste ! Trouver du sens à sa maladie et à ses épreuves permet de les surmonter plus facilement voire d’instiller une énergie créatrice qui permet l’émergence de l’inattendu. Cette femme atteinte d’un cancer incurable s’est retrouvée à renforcer ses liens familiaux et d’amitié, mais d’autres pourraient se lancer dans l’écriture ou bien remettre en question leur système de pensée et créer un nouveau lien avec les autres.

Certains penseront que parler du sens et donner du sens, c’est tout simplement du bon sens. Et pourtant, nous oublions le sens tous les jours, à chaque instant, occupés que nous sommes à nous protéger et à renforcer notre carapace contre un monde que nous percevons comme hostile. Occupés que nous sommes à survivre. Paradoxalement, alors que donner du sens est vital, nous ne lui accordons que peu d’importance…dans le seul but de survivre. Alors arrêtons-nous un instant, et faisons sens de nos épreuves et de nos actions. Frankl citait souvent Nietzche: « celui qui a un pourquoi qui lui tient lieu de but, de finalité, peut vivre avec n’importe quel comment ».

Pour en savoir plus :
Victor Frankl « Découvrir un sens à sa vie » (1946)
Thierry Janssen « Le défi positif » (2011)
Vincent Lenhardt « les responsables porteurs de sens » (1992)

Troisième principe : dépasser la loi de l’attraction et de la répulsion

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Cette « sagesse » peut s’appliquer à notre vie personnelle comme à notre vie professionnelle, et nous permet de faire face de manière plus sereine à des difficultés dans l’entreprise, à des personnes (collègues, clients, fournisseurs, responsables…)

Article d’origine publié le 21/09/13 sur mon blog jechoisismavie.com

Ce qui relève de toi, transforme-le, améliore-le. Epictète

Parlons aujourd’hui de l’ego. Dans ma compréhension, c’est la partie en nous qui nous sert d’archives, de grand livre, que l’on ouvre chaque fois que l’on fait face à une situation, nous y accédons quasi-instantanément, et il nous dicte notre mode d’action. Parfois à raison, et bien souvent à tort, car il nous fait rejouer des scénarios anciens de « petit enfant » manifestement inadaptés à notre situation actuelle. Les sages de toutes les religions et toutes les philosophies nous disent la même chose : pour choisir sa vie et être heureux, il faut réussir à sortir de la loi de l’ego. [Read more…]

Second principe : vivre sans objectif

aimArticle d’origine publié le 14/09/13 sur mon blog jechoisismavie.com

On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va. Christophe Colomb (il y a fort longtemps).

Je vais aller contre une idée reçue ou une croyance, appelez-la comme vous voulez, je l’appelle pour ma part une illusion. Elle est socialement inattaquable, autrement dit, vous passerez pour un fou si vous avez le malheur de la remettre en question. Elle nous enseigne que « dans la vie, il faut se donner et viser un objectif ». Très tôt, ne demande-t-on pas au petit enfant « qu’est-ce que tu veux faire plus tard » ? A l’ado de 15 ans, ne dit-on pas « c’est important de savoir ce qu’on veut faire dans la vie » ?  Aux adultes en peine, ne conseille-t-on pas de « se fixer des objectifs de vie » ? [Read more…]

De la chenille au papillon, le changement dans l’entreprise

080304200858-largeLorsque l’on observe un instant le monde qui nous entoure, on remarque des processus répétitifs. Un de ces processus visibles, c’est le changement et la transformation. L’histoire même de notre univers est jalonnée de changements globaux, du big bang à l’extinction des dinosaures en passant par l’avènement de plusieurs générations d’hommes, jusqu’à la disparition de peuples, et la réalisation et l’anéantissement d’entreprises humaines. Le changement est dans la nature, et on le retrouve partout dans notre vie quotidienne, à toutes les échelles et à tous les niveaux du monde, et bien sûr dans l’entreprise également. Aucune organisation naturelle, aucune organisation humaine, ne se maintient en l’état éternellement, c’est contraire à la réalité du monde.

On peut facilement reconnaître que ces mouvements, globaux ou locaux, l’histoire du monde, des organisations, des hommes, se font en spirale: il y a tout d’abord naissance, expansion, puis régression et mort, puis renaissance et expansion à nouveau, à la manière d’un modèle en spirale. Pendant la phase de croissance, tout va bien temporairement (le temps étant ici une valeur relative à l’organisation dont on parle), et dans la phase dite de régression, plusieurs éléments se battent pour leur survie. [Read more…]